Idée anti-nausées

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Faire infuser 5 à 10 mn 10g (dose maximum pour une journée) de gingembre frais râpé dans 250 ml d'eau. A boire au fur et à mesure des besoins. (source : 10Lunes)

Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 22:16

 

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Don't manage the third stage of labour !
Ne gérez pas la troisième phase du travail !
Michel Odent

Article paru dans The Practising Midwife en 1998 (Septembre 1998, Vol. 1, No. 9), puis republié par Midwifery Today la même année (hiver 1998, N° 48, p. 39-40). Traduit de l'anglais par Marypascal Beauregard.

 

Michel Odent, chercheur, conférencier et auteur, est le fondateur de l'Institut de Recherche sur la Santé Primale (Primal Health Research Centre) à Londres.

Les journaux médicaux publient périodiquement des études prospectives, randomisées et contrôlées sur la troisième phase du travail. "L'essai Bristol" (Bristol Trial) et "L'essai de Hinchingbrooke" (Hinchingbrooke trial) ont été publiés dans des journaux renommés et fournissent les principales données expérimentales sur ce sujet.

Dans ces essais, peu importent les détails du protocole de recherche, un groupe est assigné au hasard à "la gestion active du travail", soit l'injection d'ocytociques dans les deux minutes suivant l'accouchement, suivi du clampage du cordon et d'une traction contrôlée. L'autre groupe est assigné à la "gestion physiologique du travail" (l'étude Bristol) ou à la "gestion dans l'attente" (expectant management dans l'étude Hinchingbrooke). L'objectif principal est d'évaluer le risque d'hémorragie post-partum.

Le point est que dans tous les groupes, la troisième phase est "gérée". Nous voyons une incompatibilité évidente entre les mots "physiologique" et "géré". De plus, dans tous les protocoles de recherche, la définition de "gestion dans l'attente" a une connotation négative (aucun usage de médicaments utérotoniques et aucun clampage du cordon). Mais ceux qui ont une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement seront d'accord avec moi qu'il y a des facteurs qui peuvent faciliter le relâchement naturel d'ocytocine par la glande pituitaire postérieure. Ces facteurs ne sont pas inclus dans les protocoles de recherche, où ce sont les effets des substituts artificiels aux ocytociques pituitaires qui sont étudiés en profondeur.

Que cherche la recherche ?

Un des principaux facteurs examinés par les chercheurs est un environnement parfaitement thermo-ajusté parce que si la femme a froid, elle augmentera sa sécrétion de catécholamines. La concentration de catécholamine influence le risque d'hémorragie post-partum. Il s'agit d'ailleurs plus que d'une connaissance empirique.

Une équipe de Sapporo (Japon) a étudié les niveaux de catécholamines durant les différentes phases du travail par une méthode non-invasive (cueillette des données avec un timbre cutané et par l'analyse des schémas de micro vibration de la peau sur la paume de la main) et confirmé les découvertes d'une étude antérieure dans laquelle les catécholamines plasmatiques furent mesurés par le biais d'un cathéter (INDWELLING).

L'équipe japonaise a clairement démontré que les hémorragies post-partum sont associées à de hauts niveaux de catécholamines. Quelques sages-femmes d'expérience ont également trouvé plausible que le contact direct et non perturbé, peau contre peau et yeux dans les yeux entre la mère et son bébé durant l'heure qui suit la naissance influence l'équilibre hormonal maternel et en particulier le relâchement d'ocytocine.

Apprendre de décennies de pratique

Avec les années, je suis parvenu graduellement à la conclusion que les hémorragies post-partum sont presque toujours reliées à des interférences inappropriées. Les hémorragies post-partum seraient extrêmement rares si quelques règles simples étaient comprises et prises en considération. Je suis tellement convaincu de l'importance de ces règles que j'ai accepté deux fois d'assister à un accouchement à domicile même si je savais que l'accouchement précédent de ces femmes s'était soldé par une extraction manuelle du placenta et une transfusion sanguine.

Je saisis l'occasion ici pour résumer ma propre attitude durant la troisième phase de l'accouchement, dans le but de mettre en relief les différences entre mon attitude et celles de la gestion prétendument "dans l'attente" ou "physiologique" utilisée dans les études randomisées. Lorsque les conditions sont physiologiques, au moment même de l'accouchement, plusieurs femmes ont tendance à se placer debout (probablement à cause de l'effet des catécholamines). Elles peuvent être à genoux ou se tenir debout, en appui sur quelque chose. Après une expulsion non médicale, il ne faut que quelques secondes pour entendre et constater la bonne forme du bébé. Alors, dans de nombreux cas, ma préoccupation principale est de réchauffer la pièce.

Dans les unités de maternité à Pithiviers où je travaillais habituellement, nous n'avions qu'a tourner le commutateur des lampes chauffantes. Dans le cas d'un accouchement à domicile planifié, je ne donne pas une liste des items à préparer mais je mets l'emphase sur le besoin d'un radiateur transportable qui peut être branché n'importe où et à n'importe quel moment (en incluant les détails pratiques comme une rallonge électrique). Lorsque le radiateur est allumé, il est possible, en quelques secondes, de réchauffer des couvertures ou des serviettes et d'en couvrir si nécessaire le corps de la mère et du bébé.

Depuis ce temps, ma préoccupation principale est que la mère ne soit pas distraite et ne se sente pas observée. Je veux être certain qu'elle se sente libre de tenir son bébé et de le regarder dans les yeux. Il est plus aisé d'éviter des distractions nuisibles lorsque la lumière est tamisée et que le téléphone est débranché. J'invite souvent le père du bébé (ou tout autre personne qui peut être autour) dans une autre pièce pour expliquer que la première interaction entre une mère et son bébé ne surviendra plus jamais et ne doit pas être dérangée. Plusieurs hommes ont tendance à briser le sacré de l'atmosphère qui peut suivre une naissance non perturbée.

Durant l'heure qui suit la naissance, je me fais discret et la plupart du temps je m'assois dans un coin derrière la mère et son bébé. Dans les minutes qui suivent la naissance, plusieurs femmes ne se sentent plus confortables dans une position debout. C'est fréquemment le temps où le niveau de catécholamine redescend et lorsque la mère sent les contractions associées avec la séparation du placenta. Alors les assistants de naissance peuvent avoir à tenir le bébé pour quelques secondes, le temps pour la mère de trouver une position confortable, presque toujours allongée sur le côté.

Après cela, il n'y a aucune excuse pour déranger l'interaction entre la mère et son bébé. Pendant environ une heure, je ne m'occupe pas du cordon ni du placenta. Clamper le cordon lorsqu'il cesse de battre n'est pas nécessaire et cela demande que quelqu'un touche souvent le cordon pour déterminer le "bon moment". Le cordon peut être coupé après l'expulsion du placenta.

Suggérer une position à la mère est une autre distraction inutile. Sa position sera la conséquence de son niveau de catécholamines. Lorsque le niveau est élevé et que la mère ressent le besoin de s'allonger, il pourrait être cruel de lui suggérer une position redressée. Ce n'est qu'une heure après la naissance - si le placenta n'est toujours pas expulsé - que je consens à déranger la mère dans le but de vérifier si il s'est séparé. La mère en position dorsale allongée, je fais une pression sur la paroi abdominale juste au-dessus de la symphyse pubienne avec le bout de mes doigts : si le cordon ne bouge pas, cela signifie que le placenta s'est détaché. En pratique, le placenta est toujours soit expulsé ou séparé une heure après l'accouchement si la troisième phase n'a pas été "gérée".

L'immersion dans l'eau

Dans le cas particulier où l'on utilise l'eau durant le travail, plusieurs femmes ressentent le besoin de sortir de l'eau pour la dernière contraction avant la naissance et ainsi la troisième phase survient entièrement sur la terre ferme. Si une femme n'a pas le temps de sortir du bain, cela suggère qu'il y a eu un puissant "réflexe d'éjection du foetus" et que le placenta se séparera probablement durant les quelques minutes suivant la naissance. C'est alors le bon moment pour clamper le cordon et sortir de la piscine.

Ce n'est que dans le cas d'un accouchement intentionnel et planifié pour se dérouler sous l'eau qu'il faut être vigilant. L'immersion dans l'eau rend les contractions utérines plus efficaces pendant une heure ou deux, ensuite, elles s'affaiblissent. Si une femme a planifié un accouchement aquatique et devient prisonnière de son projet, le bébé peut naître à un moment où les contractions sont déjà moins puissantes : elles le seront probablement encore à l'expulsion du placenta.

Ces considérations au sujet des processus physiologiques au cours de la période périnatale sont très pertinentes pour les pays en voie de développement, à cause de leurs taux très élevés de mortalité maternelle. Les hémorragies post-partum représentent une cause majeure de décès dans les pays du Tiers Monde où le premier contact entre la mère et le bébé est dérangé routinièrement par les croyances et les rituels culturels. Par exemple, la croyance que le colostrum est "mauvais" est associée avec une séparation précoce de la mère et du bébé.

Biais

Peu importe le pays analysé, les résultats des études randomisées et contrôlées sont d'une utilité limitée à ceux qui ont acquis une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement. Premièrement, dans ces groupes d'essai, le processus physiologique est fortement perturbé à la fois dans les groupes étudiés et les groupes de contrôle. Ici encore, d'importants biais sont présents. Par exemple, dans l'essai d'Hinchingbrooke, le nombre de femmes ayant refusé de participer à l'étude (9,7,6) a été plus élevé que le nombre assigné au mode de "gestion dans l'attente" (7,6,4) ou au mode de "gestion active" (7,4,8). 243 femmes furent également éliminées de l'étude parce que leur concentration d'hémoglobine était sous les 10g/dL. Les résultats de plus vastes études, cependant, indiquent que des taux d'hémoglobine de 9-9.5g/dL sont associés avec les meilleurs résultats périnataux (parce qu'ils reflètent une bonne
expansion de volume plasmatique).

Le futur

La tendance répandue de la "gestion active" de la troisième phase du travail est associée à la croyance que les femmes sont incapables de relâcher leur propre ocytocine. Les effets possibles à long terme sur nos civilisations de l'usage routinier des substituts ocytociques durant la troisième phase doivent être sérieusement considérés. Il semble que, dans les cercles médicaux, il n'est pas bien compris que l'ocytocine a un effet comportemental et a été nommée "l'hormone de l'amour".

Peu importe leur perspective, tous les scientifiques qui étudient le développement de la capacité d'aimer doivent donner une grande importance à la période périnatale et utiliser le concept de période "critique" ou "sensible". Là où les êtres humains sont concernés, un individu doit toujours penser en termes de civilisation.

Références :

1. Prendeville W., Harding J., Elbourne D., Stirrat G. L'étude Bristol sur la troisième phase : la gestion active versus la gestion physiologique de la troisième phase du travail. (The Bristol third stage trial: active versus physiological management of the third stage of labour.) BMJ 1988; 297: 1295-300.
2. Rogers J., Wood J., McCandish R., Ayers S., Truesdale A., Elbourne D. La gestion active versus la gestion dans l'attente de la troisième phase du travail : l'étude randomisée et contrôlée d'Hinchingbrooke. (Active versus expectant management of third stage of labour: the Hinchingbrooke randomised controlled trial.) Lancet 1998: 351: 693-99.
3. Saito M., Sano T., Satohisa E. Les catécholamines plasmatiques et les micro vibrations dans la progression du travail. (Plasma catecholamines and microvibration as labour progresses.) Shinshin-Thaku 1991: 31: 381-89. (Also presented at the Ninth International Congress of Psychosomatic Obstetrics and Gynaccology. Amsterdam 28-31 May 1989 (Free communication no. 502).
4. Lederman R. P., Lederman E., Work B. et al. La relation entre l'anxiété maternelle, les catécholamines plasmatiques et le cortisol plasmatique dans la progression du travail. (The relationship of maternal anxiety, plasma catecholamines and plasma cortisol to progress in labour.) Am. J. Obstet. Gynaecol. 1978; 132:495-500.
5. Odent M. La position lors de l'expulsion. (Position in delivery.) Lancet 1990 (May 12); 1166 (letter).
6. Odent M. L'accouchement sous l'eau. (Birth underwater.) Lancet 1983 (Dec 24): 1476-77.
7. Odent M. Le réflexe d'éjection fotal. (The fetus ejection reflex.) Birth 1987; 14:104-5.
8. Odent M. L'utilisation de l'eau durant le travail - recommandations mises à jour. (Use of water during labour) -- updated recommendations. MIDIRS Midwifery Digest 1998: 8(1): 68-69.
9. Odent M. Est-ce que l'immersion dans l'eau peut arrêter le travail ? (Can water immersion stop labour ?) Journal of Nurse-Midwifery 1997: 42(5): 414-16.
10. Odent M. La gestion active versus la gestion dans l'attente lors de la troisième phase du travail. (Active versus expectant management of third stage of labour.) Lancet 1998; 351: 1659 (lettre).

Par Sophie Gamelin-Lavois - Publié dans : Placenta / La délivrance - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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