La lettre-périnatalité

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Idée anti-nausées

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Faire infuser 5 à 10 mn 10g (dose maximum pour une journée) de gingembre frais râpé dans 250 ml d'eau. A boire au fur et à mesure des besoins. (source : 10Lunes)

Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:28

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[qui n'a pas entendu cette remarque à l'évocation de l'accouchement à domicile ?]

« Si j'étais restée à la maison, je serais morte » -  L'importance de ne pas transposer les événements de la naissance hospitalière à l'accouchement à domicile (AAD).
 
Article traduit du blog d'Erin Ellis, sage-femme indépendante américaine, publié le 31/03/11 et reproduit ici avec son autorisation (je l'en remercie chaleureusement !). Titre original : « If I were at home, I would have died » - The trouble with extrapolating hospital birth events to homebirth. (source)
 
Une sage-femme de Caroline du Nord a récemment été accusée de pratiquer l'exercice du métier de sage-femme sans licence parce que cet état ne reconnaît pas les Certified Professional Midwives (CPM) ainsi que les sages-femmes traditionnelles ou Direct Entry Midwives (DEM). Les informations locales ont couvert son arrestation ainsi que les efforts continus des familles de Caroline du Nord pour la reconnaissance des sages-femmes CPM. Un des articles parus dans les journaux locaux incluait le récit d'accouchement d'une mère dans la perspective « Si j'étais restée à la maison, je serais morte ».
 
Ca me hérisse toujours quand j'entends des déclarations pareilles. Et comme je suis sage-femme j'en entends souvent. Il est assez naturel que les femmes aiment conter le récit de leur(s) accouchement(s). Quelque soit l'endroit où elles se réunissent; au parc, dans les réunions de mamans, dans leur cercle d'ami(e)s, on y entend des histoires d'enfantement et de bébés. Mais à chaque fois que j'entends une histoire dans la perspective de « Si j'étais restée à la maison, je serais morte », j'acquiesce avec empathie et je marmonne en guise de réponse.

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Le scénario de l'accouchement en structure est toujours le même : ocytocine de synthèse pour accélérer l'accouchement, anesthésie péridurale et une poche de perfusion. L'usage de l'ocytocine de synthèse pendant l'accouchement augmente les risques d'hémorragie post-partum.
 
C'est un peu le principe de double contrainte (les sages-femmes et les doulas vous voyez de quoi je parle). Dans ce genre de situation, je m'efforce d'écouter avec une profonde reconnaissance et de garder une attitude bienfaisante et aimante. Chaque histoire de femme est par nature légitime et c'est son histoire qu'elle raconte, son chemin. D'un autre côté, la militante avide de justice et de vérité qui sommeille en moi ne rêve que de révéler les mythes et réalités de l'industrie de l'accouchement en structure, car bien souvent les urgences obstétricales sont la conséquence directe d'interventions inutiles. Le mieux que je puisse faire est de respecter les émotions et l'expérience de cette mère en évitant de m'attarder sur les tenants et les aboutissants de l'argument « Je serais morte si ... ». Sinon ça pourrait mal tourner.
 
Mais comme c'est de nouveau d'actualité et qu'un nombre de femmes toujours croissant entend des déclarations chargées d'émotions concernant la naissance à domicile, il est temps de s'en mêler. Pourquoi les femmes aux Etats-unis meurent encore en couches ? Personne ne le sait avec certitude car nos méthodes de recherches pour la mortalité maternelle sont vraiment épouvantables. Apparemment, selon des statistiques plutôt bancales et d'anciennes études américaines, les premières causes de mortalité périnatale sont les thromboses veineuses, la pré-éclampsie/ éclampsie, les hémorragies, les infections, et les décès dues aux anesthésies.
 
Penchons-nous sur les hémorragies parce que parmi toutes ces complications improbables c'est celle qui a le plus de chances de se produire pour des femmes à faible risque accouchant à domicile.
 
Et voici quelques explications à cela. Les naissances à domicile et les naissances en structure s'appuient sur deux modèles de soins divergents. Le modèle de la naissance à domicile s'appuie sur l'idée que ce qui n'est pas cassé n'a pas besoin d'être réparé et que la nature fonctionne mieux sans interférence. Le modèle médical s'appuie sur le besoin d'agir (bien plus lucratif) : la grossesse et l'accouchement sont des procédés qui nécessitent d'intervenir. Mais toutes ces actions et ces interventions ont des conséquences. La plupart des interventions lors d'une naissance typique à l'hôpital provoquent des complications, comme les hémorragies. Aucune de ces interventions n'est pratiquée à domicile.

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De nouvelles recherches démontrent que les femmes qui ont subi une exposition prolongée à l'ocytocine de synthèse (Syntocinon) sont plus à risque de souffrir d'une hémorragie post-partum. L'ocytocine naturelle produite par notre corps, aide l'utérus à se contracter après la naissance et minimise donc les pertes sanguines. Le Syntocinon se fixe sur les récepteurs de l'ocytocine naturelle des cellules musculaires de l'utérus, et peu à peu le corps s'insensibilise ce qui empêche l'utérus de se contracter normalement et mène droit à l'hémorragie. Malheureusement, nous sommes maintenant à un point où dans la plupart des naissances aux Etats-unis le Syntocinon est utilisé soit pour déclencher soit pour augmenter les contractions utérines. Les sages-femmes pratiquant à domicile n'utilisent pas le Syntocinon ni pour déclencher ni pour augmenter les contractions.
 
Les interventions post-partum peuvent aussi causer des hémorragies. La période juste après la naissance est un moment biologiquement unique et puissant pour la mère et le bébé. Un flot naturel d'hormones connecte la mère et son bébé aussi bien physiquement que sur le plan affectif et aide la mère à donner naissance à son placenta en toute sécurité. Les taux hormonaux de la mère ne seront jamais aussi élevés que durant cette heure fatidique après la naissance, et quand ce flot est perturbé la mère est plus à risque de saigner à l'excès.
 
Les interventions durant ce moment fatidique sont courantes en structure hospitalière : en tardant à remettre le bébé à sa mère, en examinant le bébé loin d'elle, en tirant sur le cordon ombilical pour extraire le placenta, en plaçant la mère dans la position qui convient au soignant, en détournant l'attention de la mère de son bébé, en clampant et coupant le cordon sans aucune raison justifiée, etc.
 
Les sages-femmes respectent l'importance biologique de la « bulle » hormonale après la naissance et n'interviennent pas à moins que cela soit vraiment nécessaire.

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Dans un accouchement à domicile type, la mère et le bébé ne sont pas dérangés après la naissance. La sage-femme ne farfouille pas, ne clampe pas non plus. Elle ne dérange pas l'unité mère-bébé.
 
Quand vous entendez quelqu'un dire « Si j'étais restée à la maison, je serais morte » ou « mon bébé serait mort » gardez à l'esprit que ces déclarations sont chargées d'émotions. Oui, des tragédies peuvent arriver quelque soit le lieu de la naissance et ce malgré tous les soins délivrés. Cependant, dans la plupart des naissances en structure, ce sont des interventions inutiles qui sont la cause des complications dont souffrent mères et bébés. (Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) a estimé que la moitié des décès maternels pouvaient être évités.)
 
On ne peut pas simplement copier-coller toutes les circonstances d'un accouchement hospitalier, les superposer sur un AAD, and ensuite prévoir le même résultat – et vice versa. Les modèles de soins divergent trop. Les femmes peuvent mourir de complications quel que soit le lieu, et notre taux élevé de mortalité périnatale n'est pas justifiable. 
 
Les Etats-Unis sont au 41ème rang mondial pour la mortalité maternelle. Ce qui signifie que dans 40 autres pays les femmes ont un risque moins important de mourir de causes liées à la grossesse ou l'accouchement. Le CDC déclare que la moitié de ces décès sont évitables et que les taux de mortalité sont sous-estimés de presque un tiers. Le 08 Avril le Sommet « Healthy Mothers Healthy Birth » va se réunir à Washington D.C pour examiner les questions cliniques et politiques autour de la mortalité périnatale aux Etats-Unis.

 

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Article de Erin Ellis traduit par Aurélie aka Lacomtesse.
Le 21/10/2011.
Par Sophie Gamelin-Lavois - Publié dans : Accoucher chez soi - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
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Commentaires

Madame la sage femme militante a-t-elle déjà menée son étude en Afrique par exemple???? Les Etats Unis sont loins d'être réputés en terme de soins il me semble...Dans un hôpital américian il faut avoir une couverture maladie pour être pris en charge correctement, le saviez vous?contrairement à la France. Ah la nature , la nature mais heureusment qu'on l'a un minimum domptée!!! allez donc vivre en Afrique dans des villages de brousse sans électricité , sans eau courante. Accoucher à la maison est un luxe que SEULS les riches peuvent se permettre. Votre prosélytisme est dangereux, il oublie que les 3/4 de la planète sont pauvres et n'ont pas accès aux soins . Encore une fois allez parler avec une femme africaine.

Commentaire n°1 posté par lku le 22/11/2011 à 10h32

pour Iku :

si en Afrique il n'y avait des traditions (débiles) dangereuses qui se pratiquent après l'accouchement , alors oui, les femmes africaines auraient plus de chances s'en sortir. La séparation de son bébé tout suite après la naissance, ne pas laisser le bébé de teter toute suite après sa naissance et le temps qu'il voudra, etc sont des faits qui oui font que le taux de deces postpartum est elevé en Afrique.

Je vous recommande lire le dr. Michel ODENT à ce sujet.

Cdt

Commentaire n°2 posté par Angela le 09/12/2011 à 16h43

M. (ou Mme) Iku fait exactement ce que dénonce cette sage-femme américaine, et soutenue par vos dires : il compare ce qui n'est pas comparable. Dès lors, vos arguments, M. (ou Mme) Iku, peuvent repartir d'où ils viennent, ils n'ont pas lieu d'être. Allez lire, vérifier, et prendre réellement connaissance, et revenez ensuite, ça sera plus intéressant.

Commentaire n°3 posté par Saphaëlle le 27/12/2011 à 20h07

Ton article est très intéressant.

Mais oserais-je le dire ;-) "si j'étais resté à la maison, il y a beaucoup de chances que..."

Moi je rêvais de vivre l'accouchement, je m'en réjouissais. Finalement j'ai rien vécu du tout puisque j'étais sous anesthésie générale. Forcément quand on parle de ça c'est plein d'émotions... mais pourtant c'est la réalité. Je sais aussi que je suis un cas à part.

Je trouve ça merveilleux de pouvoir accoucher chez soi, je trouve aussi que les maison d'accouchement, sont une alternative super à l'accouchement non médicalisé. J'avoue que je trouve ça super, mais pourtant je préfère le cadre hospitalier (faut dire que je suis tombée dans une super maternité).

Je me demandais aussi si l'accouchement à domicile impliquait un chek up médical avant naissance pour être sur que tout va bien (je prends mon cas de thrombopénie où sans prise de sang, on ne l'aurait pas su)

Commentaire n°4 posté par ElleV le 14/02/2012 à 12h35
La vie, comme la mort, sont désormais tellement les domaines de la Médecine qu'elle les en déshumanise. Si concensuellement nous en acceptons l'importantance, c'est qu' elle tente de répondre et de rassurer sur l angoisses de devoir donner un sens à sa vie. Ce qui en soi est déjà un énorme paradoxe :)
Commentaire n°5 posté par michaux le 15/02/2012 à 22h18

Et pourtant, je voulais accoucher à la maison, après 3 jours de contractions constantes, régulières, intolérables, j'ai demandé à aller à la maternité pour être soulagée. J'ai mis au monde mon bébé quelques temps après mon arrivée, le bébé était en souffrance. Le sang ne s'arrêtait pas couler, je refusais qu'on sonde ma vessie qui faisait pression sur l'utérus. Le bébé et moi même avons eu besoin de l'équipe et du materiel de la salle d'accouchement. J'en suis convaincue, si j'avais accouché à la maison ça se serait mal passé.

Le radicalisme des opinions n'est bon ni dans sens ni dans l'autre.

Commentaire n°6 posté par Sandie le 03/11/2012 à 16h44

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