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Pour écouter ma participation à l'émission Féminoscope, sur Idfm Enghien 98.0 avec Julie Boucher, le 15 septembre 2014, c'est sur ce lien !

 

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Idée anti-nausées

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Faire infuser 5 à 10 mn 10g (dose maximum pour une journée) de gingembre frais râpé dans 250 ml d'eau. A boire au fur et à mesure des besoins. (source : 10Lunes)

On le disait déjà...

Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 14:51

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Trois extraits du dossier Naître aujourd'hui

Revue Alternative santé / L'Impatient, n° 281, sept. 2001.

 
Les questions à (se) poser pour choisir au mieux son lieu d'accouchement. Le confort moral de la future maman - et celui de son entourage - sont des conditions essentielles à la bonne venue du bébé. Article de Bénédicte Fiquet [source]
 
Avant la prise en charge de la parturiente, toutes les étapes peuvent être discutées avec les professionnels : vos attentes générales, les solutions d'urgence, l'accueil du bébé. Si, en cours de route, un imprévu impose de reconsidérer l'accouchement tel qu'il a été prévu, " exiger des arguments très percutants, conseille Bernard Maria, chef de service de la maternité de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Le temps, c'est une arme. Tant qu'il n'y a pas urgence, on peut toujours espérer éviter une césarienne, par exemple ". Fervent défenseur d'un partenariat parents- professionnels, le Dr Christophe Massin (Vous qui donnez la vie, un autre regard sur la grossesse, Ed. Flammarion/Aubier) ajoute : "La confiance est essentielle à la réussite de la naissance. On peut parvenir à cette réussite aussi bien dans le contexte chirurgical d'une césarienne que dans un environnement non médicalisé, tant le facteur humain compte".
 
La disponibilité des professionnels
 
Avant de choisir une maternité, renseignez-vous sur les taux de déclenchements, de césariennes et d'épisiotomies qu'elle enregistre, c'est un moyen sûr pour repérer les " usines à bébés ". Toute information vous permettant de mesurer la disponibilité des professionnels est également bonne à prendre. Demandez le nombre des sages-femmes en salle de naissance (une pour 500 accouchements par an est une moyenne acceptable) et si l'accouchement se fait par celle qui suit l'évolution du travail. Assurez-vous qu'elles ne sont pas chargées du ménage de la salle. Pour éviter les risques d'infections nosocomiales, une femme de ménage est indispensable de jour comme de nuit. Quant à l'anesthésiste, est-il sur place 24 heures sur 24 ? Autrement dit, peut-on lui demander une péridurale quand on la désire ou faut-il se décider dès le début du travail ?
 
L'accouchement
 
Les femmes qui souhaitent a priori se passer de péridurale doivent pouvoir rester mobiles afin de lutter au mieux contre la douleur. Cette mobilité est incompatible avec le monitoring branché en continu et la mise sous perfusion dès le début des contractions. Qu'en est-il de la maternité où vous envisagez d'aller ? Les professionnels vous laisseront-ils libre de vos mouvements ? Quand sera venu le moment de l'expulsion, vous permettront-ils de choisir votre position (assise, accroupie, etc.) ? Attendront-ils l'expulsion spontanée du placenta ? Sachez-le, l'OMS encourage le libre choix de la parturiente (Charte des droits de la parturiente).
 
Elle préconise aussi la présence d'un proche, pendant les douleurs et pendant l'accouchement. Quel accueil est réservé au père dans cet établissement ? En cas de césarienne, pourra-t-il rester près de sa partenaire et accueillir le bébé ? On tend alors un champ opératoire (écran de tissu) de manière à cacher l'opération. Après l'accouchement, lui impose-t-on des horaires de visite ?
 
L'accueil du bébé
 
Puis viennent toutes les questions concernant l'accueil du bébé. Premier impératif : évitez tout éloignement superflu de l'enfant. Exigez qu'il soit posé dans le giron de la mère aussitôt après l'expulsion afin qu'il puisse remonter au sein de sa mère selon son réflexe naturel. Quelle intimité laisse-t-on alors au couple et au nouveau-né ? Les soins à l'enfant se font-ils en présence des parents ? Le père peut-il y participer ? L'intubation systématique des bébés risque d'entraver une bonne mise en place de l'allaitement. Est-il possible de la refuser ? Pendant les deux heures qui suivent l'accouchement, la mère reste en salle de naissance pour surveillance. Lui laisse-t-on le bébé ou le met-on en couveuse ? Par la suite, l'enfant restera-t-il dans la chambre ou dans la nurserie ? Les mères qui choisissent d'allaiter seront-elles aidées ? Seront-elles libres de nourrir à la demande ? Ont-elles l'assurance qu'on ne perturbera pas leur allaitement en donnant un biberon de complément au bébé ? Enfin, quelle durée de séjour propose-t-on aux accouchées, sachant qu'un retour précoce à la maison est très éprouvant pour des femmes qui ne sont pas aidées ?
 
Un dernier conseil : ne tardez pas à mener votre petite enquête. Les maternités réputées pour leur ouverture au dialogue peuvent afficher comble avant que ne s'achève votre premier mois de grossesse. Et que les plus timides se rappellent le serment d'Hippocrate : " J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. "
 
 
La médicalisation, ça va. La surmédicalisation, bonjour les dégâts ! Article de Bénédicte Fiquet [source]
 
Grève des gynécologues-obstétriciens, grèves des anesthésistes et grèves des sages- femmes… Tout ce qui touche à " la naissance " traverse une crise. Au cœur des préoccupations des professionnels : la carence sans cesse aggravée de leurs effectifs. C'est un cercle vicieux. Les jeunes désertent les salles d'accouchement qui ne leur offrent ni compensation financière, ni repos suffisants. Et, faute de personnel, le rythme de garde, le stress et le risque médico-légal (procès fait par des patients) s'amplifient. Selon le Journal officiel du 19 février 1998, il manquerait au moins un gynécologue-obstétricien dans plus des deux tiers des CHU. En dépit d'une loi de la même année prévoyant une augmentation des postes, les moyens financiers n'ont toujours pas été débloqués. Les femmes sont les premières victimes de ces dysfonctionnements !
 
En premier lieu, notre taux de mortalité maternelle est disproportionné par rapport à notre niveau de développement : une moyenne de 12 pour 100 000 naissances (environ une centaine de décès par an) depuis le début des années 1990, selon les estimations de Marie-Hélène Bouvier-Colle, épidémiologiste à l'Inserm. Soit un taux double de ceux enregistrés en Suède, au Danemark ou aux Pays-Bas.
 
Les comparaisons sont certes délicates. Les morts maternelles restent rares, donc plus difficiles à observer sur les " petites " populations (environ 5 millions d'habitants au Danemark). En outre, en France, l'âge à la procréation est l'un des plus élevés d'Europe (42,2 % des parturientes ont entre 30 et 39 ans), ce qui constitue un facteur de risque supplémentaire. Néanmoins, selon le Comité national d'experts qui travaille sur la mortalité maternelle, la moitié de nos décès auraient pu être évités, dont les deux tiers de ceux causés par les hémorragies. Comment ont-ils pu se produire ? Délais trop longs du diagnostic ou de l'intervention, traitements inadaptés en seraient les causes principales.
 
Un geste médical en entraîne un autre
 
Pour le Pr Bernard Maria, président du CNGOF ( Collège national des gynécologues-obstétriciens de France) et chef de service de la maternité de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges : " L'incapacité chronique des autorités à prévoir les besoins de personnel, les budgets fictifs et les pesanteurs humaines " ont surtout des répercussions sur la qualité des soins offerts. Prises par le temps, la majorité des sages-femmes se voient contraintes de sacrifier écoute et suivi personnalisés pour des gestes de plus en plus techniques, censés les mettre à l'abri des risques médico-légaux. Gynécologues-obstétriciens et sages-femmes enregistrent en moyenne deux ou trois plaintes durant leur carrière. " L'engrenage est pernicieux, souligne le psychiatre et psychothérapeute Christophe Massin. Plus la médecine s'affirme performante, plus les parents demandent aux praticiens d'être infaillibles ".
 
Or tout geste médical induit un risque pathologique donc un autre geste médical. Un exemple ? Dans la plupart des maternités, on immobilise les femmes dès leur admission pour les mettre d'emblée sous perfusion et pour brancher le monitoring pendant toute la période de travail. La perfusion sert à ménager une voie d'accès veineuse en cas de saignements importants au moment du décollement du placenta. Dans un service où le personnel n'est pas débordé, rien n'empêcherait d'intervenir juste après la naissance. Le branchement en continu du monitoring ne s'impose pas non plus. C'est juste un gain de temps pour les sages-femmes qui n'auront pas à le rebrancher plusieurs fois. Or, si la femme n'est pas libre de ses mouvements, la douleur des contractions est telle que le recours à la péridurale devient incontournable. La péridurale, quant à elle, diminue la mobilité musculaire du bassin, ce qui perturbe l'expulsion. Qui dit problème d'expulsion dit davantage d'extractions aux forceps et qui dit forceps dit épisiotomie (incision du périnée) quasi systématique.
 
Des dérives inquiétantes
 
Illusion sécuritaire ou fascination technologique : la médicalisation de la naissance atteint en France des sommets. Le taux de césariennes ne cesse d'augmenter. Près de 11 % des accouchements en 1981, près de 16 % en 1995 et 17,5 % en 1998, selon la dernière enquête périnatale. Mesure de sécurité ? " Les pays dont les taux de mortalité périnatale sont parmi les plus faibles du monde ont des taux de césarienne inférieurs à 10 % ", répond l'OMS.
 
Autre chiffre scandaleux : 71,3 % des femmes qui accouchent pour la première fois subissent une épisiotomie. " Aucune étude ne prouve le bien-fondé de l'épisiotomie, s'insurge Claude-Emile Tourné, gynécologue-obstétricien et enseignant à l'université de Perpignan. On sait au contraire qu'elle peut provoquer ce qu'elle est censée éviter : incontinence, micro-lésions de l'anus et déchirure grave. Une simple déchirure s'oublie en une semaine, l'épisiotomie reste parfois douloureuse plusieurs mois. " Sans compter les risques d'une reprise difficile des rapports sexuels.
 
Et les déclenchements ? Ils peuvent répondre à des indications médicales. Mais " aucune région ne devrait enregistrer des taux supérieurs à 10 % ", indique l'OMS. En France, les taux grimpent à 20,3 % en 1998. Et encore s'agit-il d'une moyenne. Certains établissements déclenchent jusqu'à 60 % des accouchements. Diminution des heures supplémentaires payées au tarif de nuit, compatibilité avec les vacances du médecin : la méthode avantage surtout la maternité.
 
La relation mère-enfant
 
Parfois dommageable pour la santé de la femme, l'hypermédicalisation de la naissance influe également sur la relation mère-enfant. " La multiplication des dépistages (trisomie, toxoplasmose…) n'est pas sans impact sur le vécu de la grossesse, remarque Chantal Birman, sage-femme à la maternité des Lilas. En l'attente des résultats, les femmes sont amenées à suspendre leur investissement intérieur. " On peut aussi s'interroger sur les effets d'une césarienne quand la femme n'y est pas préparée. Des études tendent à prouver que les mères ayant subi une césarienne non planifiée sont susceptibles de mettre plus de temps à se sentir proches de leur bébé que les femmes ayant accouché par les voies naturelles. Selon le Dr Christophe Massin, la césarienne menace la continuité de la naissance. Pour éviter que les mères ne gardent un sentiment de " chaînon manquant ", un accompagnement de qualité s'imposerait donc.
 
Enfin, l'industrialisation de la naissance dans certaines maternités entrave la bonne mise en place de l'allaitement. " Nous savons parfaitement que la capacité de succion du nouveau-né est à son maximum dans les deux heures qui suivent la naissance. Le bon sens voudrait qu'on laisse le bébé profiter du sein de sa mère avant de l'emmener pour les premiers soins. Malheureusement, quand nous travaillons dans l'urgence, il est plus rationnel de tout faire dans la foulée. Et parfois nous n'avons pas le temps de ramener le bébé dans les deux heures ", déplore Sylvie Gasperowicz, sage-femme dans un hôpital de Saint-Denis.
 
Alternatives
 
N'y a-t-il pas d'alternative pour les parents qui restent convaincus qu'accoucher est chose naturelle ? La fermeture de petites maternités au profit des " usines à bébés " ne semble pas de très bon augure. Accoucher à domicile ? Ce choix encore très minoritaire (environ un millier de naissances pour 778 900 en 2000) est fortement menacé. La perspective des maisons de naissance ? Déjà bien rodées au Canada, en Allemagne et en Suisse, elles sont animées par deux ou trois sages-femmes. Aménagées comme des appartements mais situées à proximité immédiate d'un hôpital, elles constituent une solution intermédiaire entre maternité et domicile. Malheureusement Bernard Kouchner semble revenir sur la promesse d'en créer trois cette année. Reste à espérer que la maternité de Lons-le-Saunier (pages 20-22) fasse rapidement des émules.
 
 
Notre société ne sait pas quoi faire de la maternité. Propos recueillis par Martine Laganier [source]
 
Elisabeth G. Sledziewski, philosophe, vient de participer à la rédaction d'un ouvrage collectif sous la direction de l'historienne Yvonne Knibiehler, intitulé " Maternité, affaire privée, affaire publique " (Bayard, 2001). Elle est aussi maître de conférences de sciences politiques à la faculté de droit et à l'École nationale de santé publique de Rennes. Elle appartient à un courant de recherche sur les femmes, rassemblant différentes disciplines (sociologue, historienne, psychologue, etc.) et ayant intégré la maternité dans sa réflexion.
 
Alternative Santé / L'Impatient : Pendant de nombreuses années, les mouvements de défense des droits des femmes se sont peu intéressés à la dimension maternelle de la femme. Pourquoi ?
 
Elisabeth G. Sledziewski : Le féminisme des années 1970-1980 était antimaternel, la maternité aliénante ! La mère au foyer : passée de mode ! La femme sexuelle occupait alors la place au détriment de la mère, la femme professionnalisée au détriment de la femme éducatrice, la femme qui dit " moi je " au détriment de celle qui fait de la relation à l'autre la grandeur de l'humain, féminin et masculin. La femme est ainsi " libérée " de tout ce qui risque de la distinguer de l'homme, en particulier la maternité. À l'heure actuelle, les sociologues découvrent avec étonnement l'aspiration massive de la maternité chez nos contemporaines. Désormais, une éthique féministe de la maternité inscrit au contraire l'expérience maternelle dans le riche corpus de l'expérience humaine. La maternité devient la voie royale de l'altérité, et la femme chemine vers elle-même à travers l'accueil de l'autre : l'enfant.
 
Vous avez écrit que " la mère et l'enfant se portent mal " (Repenser la maternité, Panoramiques, 1999). Que vouliez-vous dire ?
 
À l'heure actuelle, il est plus que jamais difficile d'être mère alors que la maternité est proclamée comme un choix. Les femmes sont dans une grande souffrance, avec le sourire aux lèvres, écartelées entre le travail et la maternité. Les mères sont dans l'impasse, la barre de la réussite est placée très haut. Il est indispensable d'assurer sur tous les plans : être professionnellement au " top ", être une mère parfaite, enfin rester jeune et belle. Celles qui n'y arrivent pas culpabilisent et se dévalorisent ! Les répercussions sur la santé sont très importantes : surconsommation de psychotropes, de tabac mais aussi d'alcool. Ces indicateurs sont le symptôme d'un grand désarroi des femmes qui ne veut pas se dire.
 
N'est-ce pas davantage lié au non-partage des tâches entre les hommes et les femmes ?
 
La croyance que les nouveaux pères vont sauver la situation est un discours idyllique. C'est un cache pour ne pas parler des difficultés propres aux mères. Aujourd'hui, on parle beaucoup des pères, et à juste titre. On parle aussi de parentalité. Cela évite de parler des difficultés des mères. On oublie un peu vite qu'être père ou mère ce n'est pas la même chose. Notre société ne sait pas quoi faire de la maternité. Elle a chargé la contraception de vertus excessives. Programmer un enfant et le désirer sont deux choses différentes.
 
Que pensez-vous de la surmédicalisation de la naissance ?
 
Une certaine médicalisation était nécessaire, le progrès médical existe. Le drame, c'est qu'il intervient en amont au lieu de se situer en aval. La médicalisation est une " camisole de force technologique " lorsque l'on sait que la plupart des accouchements sont physiologiques et non pathologiques. Dans de nombreux domaines de notre société, la technique " arraisonne " la vie, selon l'expression du philosophe Heidegger.
 
Pourquoi ?
 
On assiste à une formidable montée en puissance du pouvoir médical. De plus, notre société a comme perdu l'angoisse de sa descendance. Une première dans l'histoire de l'humanité. On dénaturalise la naissance de façon à mieux l'assurer avec d'incroyables progrès techniques. Ces comportements de médicalisation outrancière sont des comportements mortifères. Aujourd'hui, par rapport à la naissance, les femmes sont dans une perte de contrôle pire que lorsqu'elles accouchaient dans la douleur. Cette dernière était transcendée par le bébé. À l'heure actuelle, il y a une dépossession de la capacité à mettre au monde.
Par Sophie Gamelin-Lavois - Publié dans : On le disait déjà... - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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