INTOX ! Cette relation de cause à effet est n'est pas prouvée ! En effet, aucune étude n'a établi une corrélation entre la mise au sein avant xxx heures et le risque d'hémorragie post-partum (HPP). Si on vous dit le contraire, demandez les références, les responsables de la banque de données de l'AFAR les mettront immédiatement en ligne.
Des sages-femmes anglophones auraient cité comme "preuve"
cette étude médicale de 1989 [1]. Or ces données montrent qu'il n'y a aucune différence mesurable entre les mères qui ont pratiqué la "mise au sein immédiate" et celles qui n'ont pas eu d'instructions pour le faire.
Il est grave que les données scientifiques soient ainsi détournées car cela permet de masquer d'autres causes reconnues de l'hémorragie post-partum, lesquelles ont à voir avec l'ocytocine. Pour éviter l'HPP : respecter le besoin d'intimité de la mère, éviter toute présence ou intervention anxiogène, ne pas administrer d'ocytocine de synthèse (Syntocinon) pendant l'accouchement, ne pas obliger à la position allongée (la compression aorto-cave - qui résulte de cette position - peut favoriser la souffrance foetale et l'hémorragie per partum [2]).
Mais si on commence par la péridurale on enchaîne pratiquement à coup sûr avec l'ocytocine artificielle, et l'utérus devenu atone n'aura pas la capacité d'expulser lui-même le placenta. Ce qui justifie, au final, une nouvelle administration d'ocytocine au moment de la naissance du bébé pour éviter l'hémorragie.
Les causes sont donc à chercher en amont plus que dans une pratique systématique (qui ne prendrait pas en compte les besoins du bébé ; en effet certains nouveaux-nés n'ont réellement envie de téter qu'au bout de quelques heures de vie, par exemple) qui viendrait "réparer" en aval les conséquences de pratiques non-sécuritaires (déballage de technologie et d'interventions iatrogènes).
Bernard Bel et Sophie Gamelin
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